Les compléments alimentaires à base de plantes : à surveiller !

Depuis quelques années, le marché des compléments alimentaires est en pleine expansion.

Les compléments alimentaires peuvent avoir différentes formes (comprimés, capsules, poudre, pastilles) et être composé d'un élément nutritif ou bien d'un mélange de plusieurs substances. Généralement, les compléments alimentaires contenant une seule substance sont surtout utilisés pour combattre une carence ou prévenir une maladie quant aux associations de plusieurs substances, elles ont généralement un but plus global (ex : redonner de l’énergie, renforcer le système immunitaire etc...)

Les compléments alimentaires à base de plantes sont souvent considérés comme plus naturels, pourtant ils sont loin d’être sans danger. Entre 2009 et 2016, les autorités sanitaires ont recensé 2400 signalements d’effets secondaires qui concernaient ces produits. Le 7 février 2019, l’Académie nationale de pharmacie a réclamé, dans un rapport, que les plantes aux vertus laxatives soient retirées de la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaire. Elle estime que ce sont des médicaments dont l’utilisation doit être encadrée par un professionnel de santé.

Quelles sont les plantes dans le viseur de l’Académie de pharmacie ?

Les plantes concernées sont celles qui contiennent des hétérosides hydroxy-anthracéniques, dont l’effet est laxatif stimulant. Voici la liste des plantes concernées :

  • l’aloès (le suc)
  • la bourdaine (l’écorce)
  • le cascara (l’écorce)
  • la rhubarbe (la racines)
  • le séné (fruit, foliole)
  • le cassier (« pulpe » du fruit)
  • le nerprun (écorce) même si la teneur est moindre.

Dépendance et « maladie des laxatifs »

L’usage prolongé de ce type de produits entraîne un phénomène que l'on nomme la « maladie des laxatifs », il s'agit d'une dépendance qui nécessite l'augmentation des posologies pour éviter les cas de constipation sévère. Les effets indésirables sont une irritation de la muqueuse du tube digestif ainsi qu’une fuite d’eau et de sels minéraux (potassium, …). Le risque de déshydratation est présent ainsi que des troubles cardiaques provoqués par une hypokaliémie.

Quelle est la conduite à tenir ?

Soyez vigilant, la prise de compléments alimentaires peut avoir des effets indésirables tels que des interactions médicamenteuses et des contres indications avec certaines pathologies qu’il ne faut pas négliger. Veillez à demander conseil à votre pharmacien et à le tenir informer de vos problèmes de santé afin qu'il vous conseil sur la meilleure conduite à tenir.

Dr Elodie Duquenne